Bien que son gouvernement ait adhéré depuis 2008 à l'initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), la question de la transparence dans la chaine de valeur des projets et opérations conduits par les entreprises minières, reste un défi. Pour preuve le Cameroun a échoué deux fois à la candidature de la conformité ITIE. C'est cette conclusion à laquelle est parvenue la coalition Publish What You Pay, une organisation de la société civile spécialisée dans la surveillance des revenus payés par les entreprises minières aux gouvernements.
Si les attaques contre l'œuvre et la personne de Cheikh Anta Diop ont pu ralentir la diffusion de son enseignement, nous savons comme beaucoup d'autres, que le temps joue en faveur des Kamit du monde entier. À date, les dernières " incursions barbares " contre l'incontournable Maître sont celles de Mary Lefkowitz (Not Out of Africa, How "Afrocentrism" Became an Excuse to Teach Myth as History, 1997), de F.X. Fauvelle-Aymar et Co. (Afrocentrismes, Khartala, 2000), de Bernard Lugan (voir vidéo) et dans une moindre mesure Alexandre Adler (voir vidéo). Du côté Kamit, si les adversaires de Cheikh Anta Diop se font de moins en moins bruyants, n'en demeure pas moins que certains, comme Jean-Paul Pougala, sous couvert de la "liberté de penser" ou de la "liberté de critiquer", s'essayent à cet exercice qui débuta en 1954 dès la parution de Nations nègres et culture. Non qu'il faille ne jamais faire une critique des thèses de Cheikh Anta Diop, bien au contraire. Le lieu est ici de déclarer que toute critique doit en première instance célébrer l'œuvre monumentale de Diop et, ensuite, s'inscrire en complément de celle-ci dans l'intérêt de la longue marche qu'est celle de la Renaissance.
Le thème " Politique et Tribalisme " me semble très complexe, délicat et même risqué pour quiconque veut en parler librement et sans détour. J'ai été sollicité pour en parler avec vous à l'occasion de "La Campagne Semaines Pascales 2000". Si j'ai accepté le risque, c'est pour plusieurs raisons dont la principale pour moi est la suivante : la question du tribalisme est d'une importance capitale dans le Kamerun et dans l'Afrique d'aujourd'hui ; or si nous ne faisons nous-mêmes rien pour affronter et résoudre les problèmes, même les plus difficiles, qui se posent à nous, personne d'autre ne le fera à notre place, et alors, rien ne changera dans nos sociétés.
Nouvel élément dans le débat sur le tribalisme au Cameroun et comment en sortir, nous vous proposons ce large extrait de " Cameroun : liquider le passé pour bâtir l'avenir " ( Paris, L'Harmattan, 2009, pp 96-114) écrit par Roger Kaffou Fokou. Dans cet extrait, l'objectif de l'auteur est de démontrer que le tribalisme - envers les anglophones et les bamiléké - trouvent sa source dans la colonisation.