On croyait la privatisation de la Camair sur la bonne voie. Mais avec le sempiternel cafouillage qui jalonne cette vente, le Fmi a une fois de plus exigé que la finalisation de la liquidation de cette compagnie aérienne se passe dans la transparence la plus totale. Dans le même temps selon la Lettre du Continent de décembre 2006, le président camerounais Paul Biya aurait instruit discrètement le Vice-premier ministre, Ministre de la justice, Amadou Ali, pour que le tribunal de grande instance de Yaoundé ouvre une information judiciaire contre les personnes melées dans l'affaire qui oppose Chief Mila Assouté de Advanced Technics Trust (ATT) contre Camair/Etat Camerounais.
Déjà dans une longue entrevue donnée à Icicemac, Chief Mila dénoncait M. Foumane Akame, le conseiller juridique de Paul Biya et certaines autorités camerounaises de corruption et abus de confiance dans l'exécution de contrats. Le président Biya sait plus que jamais que sa crédibilité se joue aussi sur cette affaire dans laquelle sont impliqués certains de ses proches collaborateurs. Nous rediffusons ici dans son intégralité cette entrevue.
Afin de permettre à nos lecteurs de vous suivre pouvez-nous parler de ATT (Advance Technics Trust)
ATT est une société à responsabilité limitée de droit camerounais qui travaille offshore à l'international. Son siège social est à Yaoundé à Gokerville. Son objet social est le négoce, l'ingeniering, le commerce international, le courtage, le lobbying... Sa forme initiale était des Ets, transformés en 1998 en Sarl devant notaire à Yaoundé. Mila Assouté est Gérant associé avec Kamal Mohamed associé. Elle a signé des contrats internationaux par le passé, outre avec Transnet/SAA en 1994 dans la conclusion des contrats de maintenance des aéronefs de Camair, celui de consultant et apport d'affaires avec une filiale de la Belgolaise Bank à Paris, un contrat de négoce du Bonny Light nigérian avec Primo group en Scandinavie, avec la chine etc... Nous négocions aujourd'hui avec un pays africain que je ne veux pas citer, pour faire conclure des contrats d'exploration et d'exploitation de pétrole avec SCan Oil. ATT disposait de trois agences: Une à Beyrouth au Liban, une à Johannesburg en Afrique du Sud et l'autre à Yaoundé au Cameroun, en plus de la représentation bien récente de Paris au 24 rue Tellier.
Vous êtes actuellement au tribunal à Paris avec votre entreprise ATT (Advance Technics Trust) contre l'État du Cameroun dans une affaire de créance. À quand date le conflit Camair-SAA? Sur quoi porte-t-il? Quand et comment a commencé son intervention ?
En gros, le conflit de la Camair/SAA date de 1999. Il porte sur la restitution à l'Etat des sommes indûment prélevées et sur des factures inacceptables du fait soit de la corruption alléguée de certaines autorités gouvernementales, soit des accidents pour défaillance dans l'exécution de contrats. ATT (advanced Technics Trust) est en procès contre l'Etat du Cameroun à Paris tout simplement parce que ATT avait permis par ses prestations contractuelles, dans le cadre de l'exécution du contrat de maintenance SAA/CAMAIR en 1999 de faire poursuivre Transnet/SAA à la cour arbitrale de Paris, suite à des malversations et diverses dénonciations pour des factures inacceptables ayant conduit pour l'un au crash de l'avion de Youpwè et pour l'autre de la perte d'un réacteur du combi de Camair dans le ciel de Paris. De la propositionde ATT et sous ma plume, l'Etat du Cameroun qui n'en savait rien était en droit d'attendre d'une action contre SAA, la récupération des sommes que nous évaluions à 100 millions de dollars. L'affaire a été connue à la cour arbitrale de 1999 à fin 2004 sous la conduite d'un comité ad hoc que préside M. Foumane Akame Jean, créé par le Président de la république à qui j'avais fait la proposition de ce dossier dans l'intérêt bien compris de la Camair et de ATT. Il faut dire que ATT réclamait lui aussi déjà 50 millions de rands à SAA devant le juge sud-africain pour factures impayées fin 1997. Le comité ad hoc a donc, avec la participation décisive de ATT à la cour arbitrale dont les intérêts étaient liés, reçu de l'argent des sud-africains comme prévu.
Mais la où les choses commencent à sentir du roussi, c'est au moment où l'Etat,(Foumane Akame) clame avoir reçu 30 millions de dollars sous la forme transactionnelle, et SAA dit avoir versé 65 millions de dollars, et que son bilan comptable prouve qu'il a sorti 105 millions d'euro pour une transaction à Paris fin 2004. L'argent reçu par ce comité a été placé dans un compte ouvert à la société générale des banques à Paris au nom de l'Etat du Cameroun par M. Foumane Akame et sous son unique signature. Pour le reste, je ne sais pas si vous avez appris que la Camair s'est enrichie de cet argent qui aurait pu redresser son déficit financier. La Camair me semble-t-il a fermé et laissé sur le carreau près d'un millier de familles. Je ne sais pas si les victimes de l'accident des mangroves sont payées ou pas etc... En tout cas ATT n'est pas payé des 10% contractuels prévus avec l'Etat et a porté plainte après moult démarches amiables inopérantes et assorties des réponses de Foumane Akame d'une arrogance incroyable.
Pourquoi l'État plaide –il coûte que coûte en in limine litis l'incompétence de Paris et propose que ATT porte plainte au Cameroun ?
Nous avons saisi le juge de Paris où l'affaire principale avait été portée et qui l'a connu et tranché d'accord commun des parties en présence. L'Etat aujourd'hui pour échapper à ses obligations contractuelles allègue l'incompétence d'un tribunal qui lui a permis de récupérer l'argent dont il refuse de rétrocéder les parts prévues par un contrat initial accessoire au principal. En fait le magistrat Foumane Akame, conseiller juridique du président de la république, veut échapper à la justice, puisqu'il insinue dans ses conclusions de venir porter plainte au Cameroun, c'est-à-dire devant lui, quand tout le monde sait l'état de mains mises secrètes qu'il a sur la justice camerounaise. Et c'est lui qui est mis en cause tout de même. Dans tous les cas, soulever l'incompétence de Paris est ridicule à partir du moment où il prétend avoir payé ATT, il devrait plutôt se presser de voir Paris lui donner raison et de rentrer au Cameroun dire qu'il a gagné. Pourquoi éviter la justice, cacher les pièces à partir desquelles il a calculé les 10% qu'il prétend avoir payé tantôt à Fouad, tantôt à ATT pour finir par découvrir que 1.703.721 dollars sont virés à Monaco sur un compte fantôme ATT/B. Que vient chercher la lettre"B" dans un paiement dû à ATT. Et puis l'argent a disparu de Monaco 48 heures après son arrivée là-bas pour revenir en partie à Paris. C'est vérifié et prouvé. Les juges s'en occupent... D'ailleurs, l'affaire est passée le 24 Mai 2006 puis le 5 juillet 2006 et ils sont entrés dans le dilatoire alors que c'est lui qui parlait d'incompétence de Paris, il demande des renvois en octobre 2006 etc.. Nous avons dès lors saisi les comptes pour qu'ils comprennent que le jeu a trop duré et que le dilatoire ne mène à rien, sauf aux problèmes graves à venir...
On est en présence la d'un véritable casse tête chinois, puisqu' on parle de 30 millions Usd, 65 millions Usd et de 105 millions d'euro payés par la Transnet/SAA? Que pensez-vous de cet arrangement à l'amiable que vous qualifiez de précoce ? Arrangement que vous avez contribué aussi à signer ?
Les 65 millions de dollars représentent les sommes initiales que l'Etat et Camair réclamaient à SAA au titre de spoliation, contrat entaché d'irrégularités (corruption) auquel devait venir les dommages pour les accidents etc... Le mystère c'est que l'Etat (Foumane Akame) a signé une transaction dont il cache les copies assorties de clause de confidentialité avec Transnet/SAA et qui aurait permis de calculer les 10% dus à ATT. Nous nous sommes contentés à un moment de ses déclarations verbales pour réclamer les 2.443.000 euros et c'est pourquoi l'ordonnance de saisie précise que le montant est provisoire sous réserve qu'il produise ce document. SAA est formel, le journal officiel sud-africain parle de 65 millions de dollars, Foumane Akame nous parle de 30 millions usd reçus. Il y a une réelle volonté de roublardise qui frise l'escroquerie... Sinon comment signer avec Transnet/SAA qu'il ne divulguera pas la transaction alors qu'il a pris en amont des engagements contractuels avec un tiers sur ce qu'il signe et qu'il est tenu de lui présenter pour le payer ? La préméditation intentionnelle de ne pas payer ATT au final étaitétablie dès lors, le reste c'est sa concrétisation par des constructions du modus opérandi.
Par une convention, votre société (ATT) avait signé avec le représentant de l'État, Jean Foumane Akame, expressément mandaté par le Président du Cameroun Paul Biya d'une part, et par M.Fouad Srouji, expressément mandaté par votre société d'autre part,il était prévu de verser à ATT 10% de toutes sommes reçues de SAA (South african Air Ways) par l'État et Camair à l'issue du procès devant la cour arbitrale de Paris. Que s'est- il passé ?
ATT comme je vous l'ai déjà dit était au départ en procès avec SAA à Johannesbourg et lui réclamait le paiement des factures liées à l'exécution d'un contrat qui nous liait au moment de la conclusion du contrat avec la Camair en 1994. Il s'agissait de 50 millions de rands soit 3 milliards environ de CFA. SAA ne voulait pas payer. Le contrat SAA/CAMAIR qui était la base de notre contrat avec Transnet/SAA venait d'être interrompu brutalement par Cyrille Etoundi l'ADG de Camair avec Abondo jérôme PCA. Le "D.check" de Camair devait arriver à terme dans un an et lui permettrait de récupérer son dépôt au Clearing house de 4 milliards de CFA dont la rupture avant l'échéance ferait perdre à terme à la Camair. J'ai attiré l'attention du chef de l'Etat sur le sujet en lui montrant l'intérêt de laisser courir ce contrat à son terme au lieu de faire perdre 4 milliards à une société qui a du mal à tenir financièrement. Etoundi et Abondo voulait avec Marafa pour des raisons diverses redonner le contrat à Air France par anticipation. J'ai la preuve de ce que j'affirme. C'est là que le Président a suivi mon conseil, mais quelque chose s'est passé. Les sud-africains qui ont vu la rupture du contrat remis pour fin 1999, ont dû tomber à notre insu dans un piège. Ils prétendent avoir versé 4 millions de dollars à des autorités gouvernementales camerounaises pour garder le contrat jusqu'en fin 1999 et refuse donc par conséquent de payer les prestations dues à ATT qui ne se sent pas concerné et nous les assignons. Quand nous allons donc devant la cour arbitrale Transnet/SAA est notre adversaire commun à qui nous réclamons l'argent notre demande est portée par l'Etat avec qui nous signons un contrat, compte tenu de ce que sans nous, l'action de l'Etat ne peut prospérer et notre soutien à l'action de l'Etat hypothéquait notre créance sur SAA devant le juge sud-africain. Nous acceptons alors 10% des ententes avec l'Etat à l'issue du procès. On pouvait perdre. C'était un risque sur une créance de trois milliards cher Monsieur ! pour soutenir le Cameroun, mon pays! Et voilà où on en est.
Comment se fait-il que Foumane Akame représente t-il l'État dans cette affaire ?
Si Foumane Akame représente l'Etat je crois que c'est de la discrétion du chef de l'Etat et par une simple logique de ma part je peux croire que sa fonction de conseiller juridique l'y prédisposait. Mais c'est le Président qui peut répondre à cette question voyez-vous ?
Pourquoi avoir mandaté Fouad alors que vous même pouviez suivre l'affaire ?
Fouad était mon collaborateur à Johannesbourg. Il était le représentant de ATT là-bas. Une fois l'argent perçu par les Foumane et consort, ils décident de ne pas payer quelqu'un qui critique les cadres du RDPC, et qui se présente à l'élection présidentielle. Fouad est donc abordé parce que je l'avais limitativement mandaté pour signer la convention de Paris le 21 juin 2001. On lui propose de l'argent etc.. Je détiens des preuves. Si j'avais mandaté Fouad c'est parce que j'avais été agressé à un moment par des bandits armés à mon domicile de Yaoundé d'ailleurs la gendarmerie, m'a déclaré tué (j'ai le document de la gendarmerie de Yaoundé à ce sujet). Je savais que c'est pour cette affaire qu'on a voulu me tuer, surtout que quelque temps plus tôt j'étais éjecté du comité ad hoc au motif bien fantaisiste que j'étais patron de ATT dont les intérêts devenaient conflictuels avec ceux de l'Etat.
Tout le monde savait que ATT était ma société depuis 1998. D'ailleurs c'est à partir de mon compte bancaire à Paris que j'ai viré l'argent à Foumane Akame sur son compte pour couvrir les frais de mission du comité en Afrique du sud. Egbe Hilmann avait reçu 7.200.000 cfa à mon bureau pour ses frais de mission avec Mlle Ngo Manden Christine qui a fait les missions avec nous mais qui n'en sait pas plus à la fin de l'histoire à part ce qu'on lui a donné. Je ne me sentais plus en sécurité dans avec tout ce beau monde dont j'étais devenu adversaire à abattre. Fouad représentait moins un danger pour eux en tant qu'expatrié. On avait quand même tiré sur moi, blessé mon garde de corps par balles à la tête au ventre et tout ça...Qui aurait fait autrement? C'est pour me mettre à l'abri de toutes ces menaces que je suis en France aujourd'hui, laissant ma chefferie.
Mais au départ vous avez fait parti d'un comité ad hoc mis sur pied par la présidence. Pouvez vous nous donner plus d'informations sur ce comité? En quoi consistait ce comité ad hoc ?
Oui j'ai fait partie du comité au départ. C'est moi qui l'ai suggéré au Président qui l'a créé. Nous étions quatre. Foumane, Egbe Hilmann, Ngo Mandeng et moi comme consultant. M.Amadou Ali, mon ami, par qui la proposition était faite à Paul Biya suivait le dossier avec le comité, avant notre brouille pour mes idées politiques avancées. Nous étions chargés d'examiner les propositions que j'avais faites pour ATT au président Biya et de lui dire si oui ou non la collaboration proposée était utile pour l'Etat. Mais surtout ce à quoi cela était susceptible d'aboutir. Nous devions aussi vérifier les propos de corruption tenus par les Sud-africains à l'endroit de certains proches collaborateurs du chef de l'Etat à l'époque SGPR.
Comme je n'étais pas fonctionnaire sous l'emprise des nominations ou en attente des grades,je gênais les comptes- rendus qu'il fallait habiller pour protéger les patrons et bien sûr tromper Paul Biya. On m'a remercié très vite et c'est Foumane Akame qui me l'a annoncé à son bureau. Cela ne m'a pas outre mesure dérangé et j'ai laissé la collaboration de ATT se poursuivre jusqu'à l'issue victorieuse du Cameroun à Paris. Ces gens que les enquêtes du comité mettaient en cause et qui jouent les beaux rôles anciens toujours collaborateurs du Président, m'en veulent à mort je le sais mais ce sont des corrompus. Ils doivent rendre gorge n'est ce pas !
Y avait-il un représentant de la Camair dans ce comité ?
Il y avait au départ M. Etoundi Administrateur directeur général de la Camair, puis après un M.Atangana des ateliers mécaniques qui le représentait. Mais très peu de temps après, je crois qu'il avait été remercié à la tête de Camair. Comme je ne siégeais plus au comité je ne suivais que ce qui m'intéressait en tant que dirigeant de ATT.
Mais pourquoi, malgré la masse d'informations et d'interventions dont vous disposiez vous n'avez pas préféré mettre vos services auprès des dirigeants statutaires de la Camair pour qu'ils récupèrent cet argent ?
Les autorités de la Camair étaient pour certains soupçonnés ou accusés par SAA d'être au centre de la corruption alléguée. Il serait bien stupide d'aller voir ceux qui sont visés par les accusations pour leur demander d'aller régler un problème qui est le leur tout de même. C'est le chef de l'Etat qui pouvait résoudre ce cas et il a pris ses esponsabilités pour le faire. C'est la fin qui laisse un goût d'inachevé.
À votre connaissance, les dirigeants légaux de la Camair étaient-ils associés au règlement avec la SAA? A quels niveaux? Qui exactement ?
Les dirigeants légaux de la Camair étaient associés au début et notamment Etoundi Cyrille. Ce n'est pas à moi de répondre à une telle question d'ailleurs. Mes intérêts sont ceux de ATT, l'Etat organise les siens avec qui il le souhaite. Ce qui s'est passé par la suite avec les autres dirigeants de la Camair, je n'en sais rien.
Quels rôles ont pu y jouer les ministres de transports et des finances, tutelles technique et financière de la Camair ?
Je n'étais plus au comité. Je n'en sais pas plus. Mais avant ma sortie nous avons entendu toutes ces personnalités. Mon problème c'est ATT, la gestion du Cameroun est à la charge des gouvernants. Je n'ai pas à définir leur rôle. Ils savent chacun les limites de leur compétences et les obligations liées à leur fonction. Le Ministre des Finances est-il au courant de l'existence d'un compte à la société générale sur lequel Foumane Akame Jean sous sa seule signature ordonne des virement de plus d'un milliard, à l'étranger, c'est à lui de répondre. Quand mon avocat lui a écrit pour demander notre paiement il n'était même pas au courant de l'existence d'une affaire pareille. Allez le voir,il vous le confirmera.
Après vous quittez ce comité. Pourquoi ?
J'ai quitté le comité pour des raisons que je vous ai indiqué plus haut. J'étais devenu gênant, indépendant d'esprit et sous aucune emprise pour dire au Président assez froidement ce qui en ressortait en marge du comité qui faisait passer ses rapports par les gens qui étaient mis en cause dans la corruption que visaient les sud-africains....et qui étaient proches du Président.
Quand on m'a tiré dessus chez moi par des balles dont les impacts sont visibles et blessé mon garde de corps qui a failli mourir avec mon chauffeur. J'ai quitté le comité et mandaté Fouad qui devait négocier avec le comité ad hoc pour le compte de ATT pour que les documents nécessaires soient fournis afin que la victoire du Cameroun à Paris devant le Tribunal soit effective.
Avez-vous fait part de cette situation au chef de l'État ?
Oui, J'avais écris au chef de l'État. Je l'en ai informé. Mais je n'ai pas eu de suite. Je crois qu'on lui a donné ma lettre mais je n'en sais rien du tout. Peter Mafany Musonge alors premier ministre m'avait reçu en audience sur ma demande à la suite de ma plainte, mais sans suite. Je voulais qu'il voit le document sur lequel la gendarmerie m'avait déclaré tué sans qu'on puisse me dire la source de cette information qui aujourd'hui ne m'intéresse plus que très peu. Je voulais savoir qui a dit à la gendarmerie que les bandits m'avaient tué pour qu'ils l'écrivent. Je ne le saurai jamais. Le peuple l'a suivi et cela m'a suffit. Il m'a envoyé au SED où je me suis fait recevoir par un colonel visiblement très embêté et qui n'avait pas de réponse à ce qu'il qualifiait lui-même de grave. Après je n'ai plus eu de suite du Chef de l'Etat ni du premier ministre. J'ai compris et décidé face au silence du Président de me mettre en sécurité pour un temps à l' étranger.
M. Fouad Srouji que votre société avait expressément mandaté est semble t-il porté disparu depuis le mois de Février 2005.
Fouad a disparu sans laisser d'adresse de johannesbourg. On l'avait annoncé au Liban, au Burundi etc.. Ce qui est certain il s'est passé quelque chose d'assez opaque entre les Foumane et lui. Et ATT ne s'en mêle pas beaucoup pour la simple raison que le mandat qui lui avait été donné interdisait qu'on lui remette l'argent. Ce mandat non seulement a été délibérément violé si on lui a donné l'argent, mais encore les sommes qu'on dit lui avoir versées ne correspondent à rien par rapport à ce que nous étions en droit d'en attendre. Il se trouve en fin de compte que ce n'est pas à Fouad mais à un certain ATT/B que les 1.703.721 dollars virés à Monaco. Les lettres que nous recevions jusque-là de la présidence me disaient d'adresser mes réclamations à Fouad à qui les commissions étaient versées. Et puis par la suite ce n'était plus cela, on prétend que ce n'est pas avec moi que l'Etat a traité etc... Que ce soit 10% de 30 millions avoués, ou 10% des 65 millions ou 10% des 105 millions d'euros plus haut évoqués, on ne trouve pas 1.703.721 dollars sauf dans le calcul de Foumane et son "Fouad"et ou ATT/B virés à Monaco pour 48 heures.
Comment M. Foumane Akame prétend-t-il avoir versé de l'argent à Fouad à Monté Carlo ? Et qu'en est-il des 10% de ATT ?
Ce qui est vrai est que M. Foumane a versé 1.723.721 dollars sur un compte à Monaco à BNP à partir de la SGB de Paris pour des raisons que seul lui connaît et à qui c'est destiné pour arguer avoir payé ma boîte. Le virement à ce compte s'est fait le 11 février 2005 sur ordre de Foumane. Ce qui est loin de représenter les 10% des 65 millions de dollars reçus de SAA...ou des 105 millions d'euro que déclare de plus en plus SAA. Sur les 65 Millions de dollars: L'État camerounais représenté par Foumane Akame ne nie pas avoir reçu l'argent. J'ai reçu sa lettre en réponse à ma réclamation par laquelle il dit avoir payé l'argent réclamé (10%) à Fouad. Il a fini par dire dans ses conclusions au juge de Paris qu'il a fait virer à "ATT/B" sur un compte que Fouad a indiqué. Ce n'est plus la même chose déjà la somme de 1.723.721 dollars est payée sur une base inconnue à un inconnu à Monaco sur un compte à numéro avant que l'argent ne disparaisse 48 heures après de ce compte là pour revenir une partie au Liban et l'autre à Paris à son point de départ. C'est prouvé noir sur blanc. Les termes du contrat: Le Cameroun s'engageait à payer en contre partie 10% de toutes les sommes reçues de SAA. C'est soit 10% de 65 millions de usd soit 10% de 105 millions d'euros. Ce n'est pas négociable. Nous avons travaillé et permis le paiement de cette somme par SAA sur cette base et sans ATT l'État n'aurait jamais connu cette affaire. Vous comprenez que Foumane Akame et à travers lui l'État du Cameroun s'est placé dans une position qui frise l'escroquerie.
Comment se fait –il que M. Foumane Akame ait tout de même versé à M. Fouad qui n'avait qu'un mandat limitatif qui excluait tout paiement d'argent entre ses mains et limitant son intervention à la seule négociation du montant des prestations ou des commissions ? Votre contrat ne stipulait–il pas noir sur blanc que l'argent devait être payé au gérant de ATT ?
C'est à Foumane qu'il faut demander pourquoi il lui a versé l'argent, si tant il est vrai que l'argent lui est versé. En tout malgré notre plainte contre l'Etat, au lieu que celui-ci qui dispose des moyens recherche Fouad, on ne voit pas d'empressement à le chercher. Mais on nous demande d'aller réclamer l'argent de l'argent calculé sur une base inconnue à une société ATT/B inconnue à Monaco et/ou à quelqu'un à qui liée n'était pas sensé verser de l'argent. Il a même voulu nier le mandat mais il a été très vite été rattrapé par le mensonge et la mauvaise foi. Le Sieur Foumane Akame a même poussé le toupet aussi loin en affirmant que Fouad était le patron de ATT. Mais mal lui en a prit. Non seulement le mandat porte bien le cachet de la présidence comme preuve à cet effet, mais il y a un rapport de son comité dans le quel il est bien mentionné que je suis patron de ATT et l'accord signé à Paris précise au bas de la signature de Fouad qu'il est mandaté et non patron...ça fait pitié à la limite.
Quelles sont les raisons que l'avocat du Cameroun à travers Foumane Akame invoque pour ne pas remettre les 10% à votre entreprise ?
L'avocat soutient quand à lui que le ATT avec lequel ils ont signé la convention à Paris est à Beyrouth et pas à Yaoundé. Ils veulent créer une confusion sur notre agence de Beyrouth qui était notre principal lieu d'activités au debut. Ils estiment parfois qu'ils n'ont pas traité avec Mila Assouté qui veut qu'ils paient deux fois; or je détiens les accords du Président Biya sur mes propositions en tant que ATT, la signature de Amadou Ali, les rapports du comité pièce par pièce, les ordres de mission du comité au sein duquel j'ai siégé en tant que consultant de la présidence, les contrats de la Camair de ATT etc...On soutient qu'on ne me connaît pas. Les européens s'étonnent d'une telle mauvaise foi d'un Etat. Je regarde tout ça et c'est très honteux pour mon pays en somme, surpris par une telle déliquescence morale. On traîne l'Etat dans la boue à Paris pour se faire de l'argent de mission avec un neveu avocat pour une cause qu'on sait perdue d'avance, engluée dans le mensonge et même le faux. La honte ne tue plus au Cameroun.
Avez-vous envoyez fait des mises en demeure de payer à l'Etat camerounais représenté par M. Foumane Akame ?
Je confirme que j'ai reçu deux lettres en réponse aux mises en demeure de payer. Elle sont signées de Foumane Akame pour la 1ère, et Atangana Mebara ( alors secrétaire général de la présidence pour la seconde. Les conclusions qu'ils ont produites en défense précisent le montant versé à Fouad pour payer les commissions de "ATT" sur le compte personnel de Monte Carlo. Le virement étant parti de la société Générale des Banques à Paris. Foumane Akame à son compte personnel dans la même banque à Avenue Wagram à Paris. J'ai appris que Atangana Mebara signe les lettres que Foumane lui présente simplement. Mais je ne crois pas qu'il ignore le dossier. C'est plusieurs dizaines de milliards quand même.
Dans ceette affaire l'avocat du Cameroun est bel bien Me Engono Essame au Cameroun avec pour postulant à Nantère Me Niat. Il paye un billet d'avion aller et retour chaque fois juste pour venir déposer en France des conclusions rédigée au Cameroun alors qu'ils ont pris un postulant à Paris ? N'est ce pas une manière de gaspiller l'argent des contribuables camerounais ?
Sans doute, vous ne le savez pas Me Engono Essame est parent de Foumane et que cet avocat est toujours mêlé à des affaires bizarres, certaines dont j'ai même connaissance. Il doit être un homme sûr du sérail. Comment comprendre que des gens paient des billets première classe juste pour aller déposer un papier au greffe à Paris alors qu'on y constitué un avocat en l'occurrence Me Niat Fregis à Nanterre qui aurait pu le faire. Tout cela pour aspirer davantage l'argent de l'État. En France il y a des avocats camerounais partout qui défendaient déjà l'Etat qui auraient pu le faire. Si ce n'est du népotisme, ça y ressemble beaucoup.
Pensez-vous que le président Biya est au courant que vous n'avez pas été payé jusqu'ici ?
Je suis convaincu que le Président est au courant que je ne suis pas payé. Car comme je vous le disais tantôt, il ne m'a pas répondu quand j'ai dénoncé les détournements en question dans des lettres que je lui ai fait parvenir. Peut-être les lui a-t-on cachées, je n'en sais pas plus. Mais maintenant, j'ai la certitude. Il le sait. Le ministre Okouda Martin m'a rencontré à Paris à cette fin avec des promesses de payer sans suite, jusqu' à la procédure en cours. C'est aussi le Président qui a fait signer l'arrêté qui désigne Foumane Akame pour le représenter au procès de Paris actuellement contre moi. Foumane Akame ne peut pas de par sa fonction faire un procès au nom de l'État du Cameroun à l'étranger et prendre avocats sans ordres de sa hiérarchie. Pour une affaire réelle contre une société d'un citoyen!!! Et parle de dialogue ?
Avec la situation délétère des affaires au Cameroun, certains seront sans doute tentés de dire que c'est une affaire de feymania sur l'argent public qui a mal tourné, les plus futés (Foumane Akame et Fouad ) ayant doublé le prête-nom Milla Assoute ? "
Je ne sais pas ce qu'on appelle feymania déjà. S'il s'agit des escrocs qui proposent de multiplier de l'argent à des tiers ou de ceux qui miroitent des affaires nébuleuses qui ont fait sensation dans notre univers local ou alors des méthodes nigérianes d'escroquerie réputé dans le monde,ce n'est pas notre cas. Nous avons une entreprise de services qui ne traite pas qu'avec le Cameroun sur la place internationale avec des contrats à l'appui. Ce qui fait problème ici c'est le non respect des engagements contractuels des parties. C'est la tentative de les contourner pour éviter de payer une entreprise dirigée par Mila Assouté qui diagnostique froidement les écarts de gestion des dirigeants. L'argent public n'est pas géré par mon entreprise ATT et le contrat de départ n'était pas avec l'Etat du Cameroun mais bel et bien avec l'entreprise sud-africaine SAA. Je précise que c'est la défense des intérêts communs qui nous conduit à la signature d'un accord avec l'Etat du Cameroun.
Je rappelle que nous ne partageons pas l'argent public, SAA nous devait déjà 3 milliards de CFA avant notre entente de contrat avec l'Etat pour les récupérer. Nous travaillons bien ailleurs. Je ne sais pas si les gens s'imaginent ce que coûte un procès de cette hauteur à une entreprise en terme d'honoraires pour une période aussi longue. (Cela fait plus de 15 mois que cela dure) Il faut bien le financer avec des ressources que nous n'avons pas reçues du Cameroun. Par ailleurs Mila Assouté Pierre est un homme de 48 ans qui n'a pas besoin de vanter à qui que se soit. Je travaille et j'ai des biens y compris à l'étranger que j'ai gagné à la sueur de mon front. Je n'ai jamais géré les fonds publics nul part pour être soupçonné de quoi que se soit. J'ai au contraire laissé ma fortune parfois dans des investissements locaux qu'on paralyse pour rien, ou le RDPC dans lequel j'ai investi sans compter sans jamais de retour ni en marché ni en rien. Demandez à Amadou Ali, il vous le dira. On m'a même refusé les médailles qu'on distribue à tous les voyous de la place qui ne revendiquent aucun état de service dans la nation. (...)
Au moment où la messe est désormais dite pour la compagnie aérienne nationale du Cameroun, la Cameroon Airlines (CAMAIR), avec sa cession, par l'Etat camerounais au consortium belgo-camerounais dénommé First Delta Air Service, où est donc passé l'argent les 65 millions de $ qui devait servir a rééquilibrer son déficit financier avant une quelconque privatisation ? En plus selon un récent audit effectué au sein de Camair, les dettes de la compagnie sont estimées à quelques 75 milliards de Fcfa au moment où s'opère la privatisation. Dans la "short list" composée des sept firmes "préqualifiés" (African Consulting Entreprise, Cameroun Audit Conseil, Bekolo and Partners, Price Waterhouse Coopers, Associés Audit Conseil, Cabinet Okalla Ahanda et Associés, et Mazars-France) et disposant de "solides références en la matière, et de l'expérience nécessaire à la conduite de cette opération", l'Etat camerounais a choisi le cabinet Bekolo and Partners comme liquidateur. Selon vous qu'est ce qui explique ce choix ?
Je ne sais pas si le choix de Bekolo and Partners en lui même en tant que entreprise nationale pose un problème du tout. Ce qui est parfois suspect c'est l'opacité qui entourent souvent certains choix. Je ne connais pas ce cabinet mais je crois que c'est sur la base des critères objectifs qu'on l'aurait retenu et si ce n'est pas le cas, on ne tardera pas à le savoir. Je ne veux pas faire de procès d'intention, il faut juger le maçon au pied du mur. En plus il faut camerouniser prioritairement les possibilités de création des richesses et d'emploi par les entreprises nationales. Maintenant il serait bon qu'il n'y ait pas d'autres motivations inavouées qui déterminent ces choix. (...)
Quelle sont les derniers développement de cette affaire ?
J'ai obtenu le mois dernier du tribunal de grande instance de Paris, précisément le 12 juillet (2006), une ordonnance pour de saisie conservatoire sur un compte de l'Etat du Cameroun ouvert à la Société générale de banques à Paris la somme de 2.443.000 euros, soit environ 1.602.508.000 F CFA. Cette ordonnance fait suite à une requête que mon conseil a adressée au juge d'exécution le 11 juillet 2006. Pour l'instant, Mme Caroline Deryckere, juge d'exécution, agissant par délégation du président du tribunal de grande instance de Paris nous a permis de saisir trois comptes du Cameroun soit deux à la Société générale de banques à Paris et une au Crédit Lyonnais. Pour l'instant il nous a été amené de constater qu'un des compte du Cameroun de la Société générale de banques à Paris était clôturé depuis 2005. Selon les dernières nouvelles, l'affaire Advanced Technics Trust (ATT) contre Camair/Etat Camerounais se poursuit et pourrait bientôt connaître son dénouément avec le payement à ATT des 10% contractuels prévus avec l'Etat du Cameroun.
Le Comité de Suivi de l'exécution des Contrats de Maintenance des avions entre Cameroon Airlines (CAMAIR) et Transnet South African Airway (S.A.A) a effectué une mission à Paris, France, sous la conduite de son Président M. Jean Foumane Akame du 26 novembre au 06 décembre 2000.
Les objectifs de cette mission étaient :
(1) La tenue des séances de travail avec les Conseils Sud-Africains et certaines personnalités camerounaises pressenties comme témoins devant la Cour Arbitrale de Paris;
(2) La saisine de la Cour Internationale d'Arbitrage de Paris.
I- Des Discussions
A la demande expresse des Conseils Sud-Africains, le Comité a tenu des séances de travail avec les personnalités Camerounaises pressenties comme témoins devant la Cour Arbitrale, en vue de rassembler les éléments indispensables à un aboutissement heureux de la procédure arbitrale.
Réuni du 27 au 30 novembre, le Comité a tour à tour reçu :
Leurs différentes déclarations se résument ainsi qu'il suit :
A./ M. ISSA TCHIROMA ¨: L'ancien Ministre des Transports a retracé l'historique des contrats de maintenance de la CAMAIR/SAA, les difficultés rencontrées puis les différentes démarches entreprises pour obtenir l'adhésion et l'approbation par la haute hiérarchie de la signature desdits contrats.
Il a fait savoir qu'il entretenait des relations étroites et anciennes avec M. Philipe MAR¬MIEN et a justifié son implication personnelle dans les négociations par le souci qu'il avait de voir les rapports entre les deux compagnies évoluer vers une absorption de la CAMAIR par la SAA dans l'éventualité d'une privatisation de la CAMAIR.
M. TCHIROMA a soutenu que les contrats étaient exécutés de manière satisfaisante grâce à l'appui d’Advanced Trust Ltd (ATT) contre le paiement d'une Commission. Il a nié avoir perçu de l'argent ou des cadeaux avant la signature des contrats. Cependant, il a admis avoir reçu et parfois sollicité des sommes d'argent de ATT, pour financer ses activités politiques après la signature des contrats. Une fois demis de ses fonctions ministérielles, ATT lui a fait savoir qu'elle ne pouvait plus satisfaire ses sollicitations pour des raisons de difficultés de trésorerie.
B./ M. Joseph BELIBI : dit avoir favorisé la signature des contrats de maintenance entre CAMAIR et la SAA, sur instruction du Ministre des Transports en exécution d'une politique gouvernementale.
Il a affirmé qu'au vu des études préalables et favorables menées par les techniciens de la CAMAIR et face aux rapports difficiles avec AIR France qui assurait la maintenance des appareils CAMAIR, il avait, en sa qualité de Président du Comité ad hoc pour l'attribution des contrats de maintenance, recommandé à la haute hiérarchie, la conclusion des contrats avec la SAA.
L'ancien Président du Conseil d'Administration de la CAMAIR a justifié sa substitution au Directeur Général de la CAMAIR pour la signature desdits contrats par le conflit d'intérêt évident du fait de la nationalité française de M. CECCARELLI et sa qualité d'Administrateur de AIR France au Conseil d'Administration de la CAMAIR.
Il a catégoriquement nié avoir reçu de M. MARNIER ou toute autre personne de ATT ou SAA quelque présent ou sommes d'argent avant ou après la signature des contrats.
Par ailleurs, il a reconnu l'omniprésence de M. MARMIER lors des négociations avec SAA mais a dit ignorer le rôle exact, de M. MARMIER au sein de SAA ainsi que l'existence d’ATT comme entité, jusqu'aux premières difficultés survenues lors de l'exécution des contrats.
C./ M. Ignatius SAMA : Directeur Technique à la CAMAIR à la signature des contrats, M. SAMA a participé à plusieurs missions et réunions préalables, il a dit avoir participé à l'examen du projet de contrat proposé par SAA. Il a relevé pour le déplorer le refus par le Président du Conseil d'Administration et la tutelle de considérer les préoccupations et réserves des techniciens et personnel de la CAMAIR quant au bien-fondé des contrats des 737, au vu de la renommée internationale de la CAMAIR pour leur, maintenance.
M. SAMA a dit avoir observé la présence de Philippe MARMIER et d'autres au sein des délégations de SAA, sans connaître leurs fonctions exactes.
Bénéficiant manifestement des relations privilégiées avec le Président du Conseil d'Administration et la tutelle, ces derniers refusaient les interventions objectives de la CAMAIR et traitaient ses représentants avec condescendance.
Il a conclu ses propos par la description détaillée des circonstances des incidents de la perte du réacteur du 747 à Paris, et la saisie de la 747 à Johannesburg en Décembre 1999.
D./ M. Peter SCHLEDON : Expert Consultant, intervenant aussi bien pour le compte de SAA et ATT lors des négociations et l'exécution des contrats CAMAIR/SAA et SAA/ATT, M. Peter SCHLEDON a également préfinancé la procédure pendante devant la haute Cour de justice de Johannesburg.
Soucieux de rentrer en possession de sa quote-part de commissions, près de 850.000 USD, il a proposé ses services au Comité pour la production des pièces et détails nécessaires pour établir le paiement des pots de vins à des personnalités camerounaises, indispensables au succès de notre procédure et ce au plus tard le 15 décembre 2000.
II.- De la Saisine
L'acte de saisine dont copie ci-jointe en annexe a été finalisé et déposé à la Cour Internationale d'Arbitrage de Paris par les soins de nos Conseils le 30 novembre 2000 à 15 H 30 précises. Les frais de saisine d'un montant de 2500 USD ont été réglés, ci-joint en annexe copie chèque bancaire.
III.- Observations
1) Les discussions avec Messieurs TCHIROMA, BELIBIRIN ainsi que M. SCHLEDON laissaient présager des difficultés pour l'obtention des pièces déterminantes du dossier dont : les relevés des comptes bancaires qui établissaient la perception des pots de vins par les personnalités camerounaises.
ATT a réitéré sa demande quant à ses exigences d'un pourcentage de 20 % des gains éventuels de la procédure ; assortie d'une garantie d'immunité des poursuites judiciaires en faveur des personnalités camerounaises.
M. Peler SCHLEDON créancier de ATT se propose de fournir au comité les éléments de preuve (relevés bancaires) des sommes payées aux responsables camerounais moyennant le paiement de 850.000 USD qu'il réclame à ATT. ATT rejette la proposition de Peter SCHLEDON et souhaite un règlement global des 20% ou le paiement de la somme de 2 millions USD, de gains.
2) A l'analyse des différentes déclarations, notamment celles de M. BELIBI et M. TCHIROMA il ressort que le Comité devra encore rechercher plus de détail sur les circonstances relatives aux paiements des pots de vin.
Aussi, le Comité s'attend à une meilleure collaboration desdites personnalités. D'où les propositions qui suivent.
IV.- Propositions
1) Le Comité sollicite de la haute hiérarchie l'autorisation de poursuivre ses efforts pour rechercher les voies et moyens qui permettraient d'obtenir des pièces évoquées plus haut;
2) Il suggère qu'une amnistie générale soit accordée aux personnalités concernées au cas où ils apportent le concours souhaité au Comité pour l'aboutissement heureux de cette procédure;
3) Le Comité souhaite que la hiérarchie entérine l'accord de principe donné à M. Peter SCHLEDON de lui payer la somme de 850.000 USD au cas où il fournirait effectivement les pièces promises.
Par ailleurs, le Comité sollicite l'autorisation de la haute hiérarchie pour négocier en baisse la commission réclamée par ATT ;
4) Enfin, le Comité recommande la plus grande discrétion autour de cette affaire (pas d'interview, pas de déclaration publique). Le Comité rendra régulièrement compte de l'évolution de la procédure.
Hautes instructions sollicitées et attendues pour exécution.
Le Rapporteur : Mme Christine Ngo Mandeng
Le Président: Jean Foumane Akame
Vice-président: Hillmann Achuo Egbe
Membre: Bernard Ateba

Au moment où Marafa Hamidou Yaya (ex. SGPRC/Minadt) nomme personnellement Pierre Mila Assoute dans sa 4ème "lettre"; celle qui porte sur les causes du crash d'un avion de la défunte Camair et qui a faite près de 75 morts; il nous a paru opportun de re-publier cet entretien-fleuve qu'a accordé, en 2007, Pierre Mila Assoute (alors acteur important de cette période et de cette affaire) à notre confrère Modeste Mba Tala de Icicemac. PMA y tenait déjà des propos qui auraient dû mettre la justice en branle et indigner le peuple-citoyen. Il aura fallu attendre que "ces vérités" d'Assouté, hier, soient dites par Marafa, aujourd'hui pour prendre plus d'ampleur. (Njanguipress)